12 février 2009

Et la vie à Bamako continue. Même disons qu'elle se précise. Après une
semaine un peu laborieuse, avec encore en nous cette torpeur de Tombouctou
(on peut passer cinq heures dans une pièce à ne rien faire et s'étonner
que le temps soit passé si vite !) et la mauvaise tourista de Claire nous
voilà enfin installé dans un petit quotidien. Comme ils disent ici, on
devient des « autochtones ». Grace à notre ami Salif, un comédien
rencontré au festival de conte de Bobo Dioulasso, et quelques discussions
par ci par là le théâtre décolle. On suit les cours d'expression
corporelle à l'Institut National des Arts, c'est un prof cubain, nouveau
de cette année, qui donne des cours détonnants pour les élèves qui ne sont
pas habitués à ce genre d'expérimentation. Travail avec des objets (les
détourner de leurs fonctions, etc), improvisations corporelles sur de la
techno (on le remercie pour la musique, il y a certains sons qu'on avait
pas écouté depuis longtemps!), échauffement où on escalade les murs et les
chaises! Les élèves l'aiment bien et nous aussi. Ca fait vraiment du bien
de suivre les cours, ça nous fait jouer autre chose, et William le prof
est super content. C'est vrai que les élèves ici sortent peu voir des
spectacles (le coût des billets de spectacle ou au moins du transport et
puis ce n'est pas dans les habitudes) et du coup leurs sources
d'improvisations sont un peu restreintes. Il y a de grandes différences de
niveau entre les élèves et globalement les profs ne semblent pas très
exigeants. On discute avec les élèves et ils nous expliquent que le travail
du corps au théâtre se résume essentiellement à la danse. L'interprétation
théâtrale par le corps est finalement peu travaillée, à l'Ina comme au
conservatoire où nous suivons également les cours. Dans ces deux lieux les
locaux sont beaux et nous rencontrons pleins de jeunes comédiens motivés.
C'est assez sympa de prendre le bus à 7h du mat, avec nos sandwichs de
viande et nos cafés dans des sachets plastique, avec tous les étudiants
qui s'entassent sur les quelques sièges et hop roulez jeunesse jusqu'à la
colline, jusque dans la foret, où se trouve le conservatoire. Par contre
lors de notre premier cours là bas il y a eu un accident. Une fille est
tombée lors du cours d'acrobatie et il n'y a pas de médecins, pas une
seule infirmière dans toute l'école (alors qu'il y a danse etc etc!) ; on
a eu très peur mais au final tout va bien !

Claire et Chloé

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