06 janvier 2009

Ça  y est nous sommes enfin arrivées à Tombouctou. 
La troisième étape de notre voyage.
On est ici pour retrouver des amis de là-bas et partir avec eux dans un festival
de musique touareg au cœur du désert. 
Mais c’était une vraie aventure d’arriver jusqu’ici.
Dans un premier temps on tenteBobo Dioulasso-Mopti.
Le minibus que nous avons pris jusqu’à Mopti aurait eu du mal même à aller
jusqu’à la casse chez nous, mais ici ça roule. Enfin plus ou moins.
On s’arrête en moyenne toutes les demie heures pour tripatouiller on ne sait quoi.
C’est la routine, les pneus crevés et le réservoir d’essence qui fuit est remplacé
par un système de pompe relié à un jerrycane sous les pieds du conducteur.
Il y a la débrouille des deux apprentis, Laus et Moussa. Les habits plein de
cambouis, la cigarette au bec et le sourire qui résiste à la faim et à la galère,
ce sont deux matelots qui se font exploiter par un capitaine de navire terreux.
La route est si cabossée que nous roulons à côté et malgré tout on fini par
s’habituer à cet engin qui grince de toute part et dont les amortisseurs
ont disparus depuis belle lurette. Bien sûr des fois on est « collé serré»,
mais c’est dans la joie et la bonne humeur. Au final on aura mis 25
heures pour faire quelques 900 kilomètres mais c’est pas grave on ne s’est
pas ennuyées et on a même croisé le président du Mali sur notre route !
La deuxième étape c’est Mopti-Tombouctou, une autre paire de manche.
Cette fois-ci on doit prendre des 4X4 pour atteindre Tombouctou car il n’y a pas
de route. Nous trouvons un peu à l’aveuglette un convoi et après quelques
hésitations nous commençons la route dans ces voitures impressionnantes
avec comme collègues de route des jeunes commerçants sympathiques qui se
rendent au festival pour vendre toutes sortes de bidules. Bien sûr on part
quelques paires d’heures en retard. On pense au bac qu’il faut prendre
pour traverser le fleuve Niger juste avant Tombouctou, mais après 18
heures l’activité s’arrête. La nuit tombe, on est pris par le temps et le
conducteur appuie sur le champignon pour tenter d’attraper le bac. On se
retrouve à faire de la piste de nuit à tout berzingue, on se tient comme
on peut pour ne pas se cogner au plafond à chaque bosse, mais manque de
pot, on arrive trop tard. Nous sommes à 20 bornes de Tombouctou mais le
fleuve nous coupe la route  paisiblement. Nous plantons notre tente dans
le village Bozo ( le peuple pêcheur) et passons la soirée à boire le thé
avec les commerçants entre des habitations de paille ronde et des pinasses
échouées là pour la soirée.

Maintenant Tombouctou. Nous sommes accueillies par nos amis ( rencontrés
en France) comme des reines. D’ailleurs ici, eux, sont un peu les rois. Il
y a de la richesse autour de nous : grosses voitures, grosses maisons,
ordinateurs et autres appareils technologiques... Les pères sont dans les
affaires et ça marche apparemment. Ca nous change et ça fait bizarre de se
faire laver nos vêtements par la bonne. Ici il y a trois principaux
peuples qui se mêlent : les arabes, les touaregs ( les « rouges ») et les
« noirs ». Avant les noirs étaient les esclaves (les Bella) des arabes et
mine de rien il reste des traces. Les bonnes, les gardiens sont noirs
tandis que les maîtres sont rouges. La paye permet de dire que l’esclavage
a disparu mais les dominés-dominants restent majoritairement les mêmes. On
est vraiment dans un autre monde. La culture arabo-musulmane teinte cette
ville du désert peu accessible qui attire et qui s’étire entre les dunes.
Nous faisons un tour en 4X4 pour aller boire le thé dans ces collines de
sables doux. La poussière rouge s’est éclipsée de nos pieds pour laisser
la place à présent à la poussière blanche. Nous découvrons le canal qu’à
fait construire Kadhafi pour que les bateaux puissent arriver jusqu’à son
hôtel, c’est le délire. Notre ami nous explique qu’ici les élèves ( dont
lui) payent les professeurs pour avoir des bonnes notes et pour qu’ils
ferment les yeux quand ils sèchent les cours. Apparemment dans le Coran il
n’y a pas de contre indication concernant la corruption, parce qu’ici elle
est à tous les coins de rue.  Certaines choses nous choquent dans cette
zone où la dureté masculine se fait ressentir, mais nous nous efforçons de
rester observatrices. On apprend au cours de notre voyage de ne pas juger
au premier abord, parce que comme partout on ne voit souvent que le sommet
de l’iceberg.

Claire et Chloé

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