Ca fait une semaine que les nuits atypiques sont révolues. C'est plus calme au
centre. Mais depuis lundi nous prenons  des cours de danse avec la troupe
Saaba, et on a repris les répèts, c'est fini les vacances:-)
Nous voilà toutes courbaturées, les deux blanches qui reprennent du service.
La danse ça rigole pas, enfin si ça rigole mais ça rigole avec énergie.
Un de nos amis qui danse avec nous nous disait hier : "mon vieux dit toujours
celui qui est fatigué c'est qu'il est dans sa tombe". Donc avec les pieds brulés
et les muscles endoloris on danse, on fait ce qu'on peut pour se dépasser
pendant quatre heures par jour et les cours sont vraiment forts, il faut
assimiler les pas, oublier le souffle qui manque et se laisser entraîner par les
djembés et les autres danseurs qui souvent sont morts de rire-nous avec- mais
confiants (confidence faite, c'est un régal pour les yeux).
On a enfin réussi à croiser koudbi aussi et on a calé une première
représentation, ce 17 décembre, dans l'école. D'ici là on va passer à Ouaga
quelques jours chez des amis comédiens qu'on a rencontré pendant les naks.

Vous auriez du voir ce matin, soudain il a fait froid (20°) et c'était la
panique. Nous allions au maqui, savourer du nescafé et du pain avec du beurre,
papoter avec Denis (un habitué du centre, musicos pour saaba) et d'autres.
Tout le monde était serré sur le petit banc, avec son bonnet de laine et sa doudoune,
puis dehors à se rapprocher de la marmite (bouillie de mil ou eau brulante).
On s'est improvisées profs d'anglais aussi, pour Amadou, le gardien. Un
bonhomme incroyable, humble et puis vraiment pas riche, mais il s'en plaindra pas,
il a pas le temps il est trop occupé à être généreux. On va manger le to chez lui,
auprès de ses quatres filles et autres enfants recueuillis, sa femme ne parle pas le
francais et vend du karité au marché (on a appris quelques rudiments de moré, alors
on se fait les salutations -coutumes inévitables qu'on respecte avec plaisir). On
devient profs d'accordéon et même de maths... La débrouille africaine.
Tout le monde veut apprendre, tout le monde a la motivation et tout le monde
peut apprendre de tout le monde. Ca parait si simple.

Bon on va pas s'étaler sur des pages et des pages. Vous imaginez qu'on aurait pleins
d'autres anecdotes à racconter mais on garde les détails pour notre retour !!!! 
Puis désolé d'avoir tardé à écrire, mais il parait qu'un gars a coupé un cable en côte
d'ivoire et ça a coupé l'internet dans tout le pays !!!!
Bonne soirée (ici là soirée c'est dès midi)

Milles bisoux,

Claire et Chloé